Table ronde Lyannaj poétique
animée par stéphane galland
avec Max Diakok, Yann Cléry & Yewhe Yeton
Samedi 30 mai 2026 à 18h00
Un moment d’échange pour approfondir le “Lyannaj Poétique” avec les artistes présents.
La musique est un langage qui crée du sens en organisant les sons.
Et si la poésie, dans son rapport pleinement humain au monde, enrichit le langage au-delà de son usage courant, alors la musique est empreinte de sa propre poétique, tout en entretenant des liens forts avec le geste poétique appliqué au langage lui-même, et bien sûr avec le geste de la danse.
Il s’agira donc d’interroger ensemble comment, dans notre ère de standardisation commerciale et de massification industrielle de la musique, la musique peut dépasser les formatages, y compris académiques et traditionnels. Comment différentes poétiques musicales peuvent cohabiter dans un espace sonore commun. Comment elles peuvent se décaler, se déplacer, s’informer, se subvertir respectivement ou au contraire se renforcer…
Comment enfin, la pratique artistique collective peut nourrir nos poétiques, sous l’angle des rencontres culturelles afro-diasporiques mises en place par les résidences “Lyannaj Poétique”*.
* Le projet « Lyannaj poétique » suit la voie de la poétique de la relation proposée par Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau, et nous invite à interroger notre rapport au monde, à croiser nos imaginaires créatifs et à créer de l’imprévisible.
Au programme également
19h : Concert Gwoka avec Max Diakok accompagné des musiciens du Kolèktif Ka
21h : Concert avec Yann Cléry (France, Guyane) & Yewhe Yeton (Bénin)
INFOS PRATIQUES
Cité de la Musique de Marseille
Salon
4 rue Bernard du Bois – 13001 Marseille
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Restauration créole
avec Finecocott’
dès 19h00
Max Diakok
Max Diakok découvre adolescent la danse dans l’univers des soirées Léwòz pratiquées dans les zones rurales de la Guadeloupe. Il s’émerveille face à la théâtralité et la poésie se dégageant de grandes figures du Gwoka telles que Kristèn Aigle. Très vite, il va s’exprimer dans ces soirées traditionnelles.
Max décide en 1989 d’explorer d’autres techniques corporelles en particulier le modern-jazz et la danse contemporaine. Ce parcours lui permet, durant les années 90, d’intégrer, en tant qu’interprète, les compagnies des chorégraphes suivants : Germaine Acogny, Jean-François Duroure, Christian Bourigault, Norma Claire etc. En 1998, Max obtient son diplôme d’Etat de professeur de danse contemporaine.
Parallèlement, Max Diakok se lance dans l’écriture chorégraphique au sein de la Compagnie Boukousou et puise dans le Gwoka, danse d’exutoire et de résistance, ses énergies propres à exprimer la parole du corps et ses émotions.
Ses pièces ont été programmées aussi bien dans l’Hexagone (au Mucem et à la Cité de la Musique à Marseille dans le cadre du festival Kadans Caraïbe, à Paris, à l’Unesco, au Festival Off d’Avignon, à l’Opéra de Saint-Etienne et à de nombreux festivals) que sur les scènes nationales de Guadeloupe, Martinique, et sur celle du CDCN de Guyane (Rencontres de danses métisses). A l’international, ses pièces ont été diffusées à Bristol, à Liverpool (Leap Festival), à Budapest, à Dakar (Kaay fecc) et à Ouagadougou (FIDO).
Max Diakok est impliqué dans la transmission de la culture Gwoka aux jeunes générations (sous ses formes traditionnelles et contemporaines). Au sein de structures associatives, au sein d’écoles et de collèges, au sein de structures de formation professionnelle (conservatoires, PSPBB, pôle supérieur d’enseignent artistique Paris Boulogne – Billancourt). Egalement à l’international (Ecole des sables au Sénégal, à Ouagadougou, à Londres et à Yokohama).
Il est également sollicité pour donner des conférences sur le Gwoka en lien avec son travail chorégraphique, en France et à l’étranger (Universidad de las Artes de la Havane, Institut français de Yokohama).
Enfin, Max est parolier avec des titres diffusés à la radio. Lauréat en 2008 du concours de poésie en créole Kalbas Lò Lakarayib organisé en Martinique, il est également poète.
Max Diakok a été promu au rang de Chevalier des Arts et des Lettres en 2015.
Crédit photo : Laurent Pailler
Yann Cléry
Yann Cléry est un artiste aux multiples talents. D’origine guyanaise, il va puiser régulièrement son inspiration dans les fleuves et les forêts amazoniennes.
Flûtiste virtuose, il a étudié le jazz et la musique classique et inventé un langage inspiré des flûtes africaines et japonaises pour habiller les chansons de la star du reggae Mo’Kalamity qu’il accompagne depuis ses débuts.
Producteur, il a fait paraître 5 albums et est à l’origine de 4 créations musico-théâtrales.
Chanteur, il joue avec sa voix au large spectre en passant du ragga dancehall au velour du jazz et en explorant la pop française.
Pédagogue, il sillonne la Guyane depuis 10 ans pour dispenser son programme de formation (ateliers de Musique Assistée par Ordinateur, improvisation, orchestration, structuration…) à destination des jeunes de Guyane.
Crédit photo : Cyril Gabbero
Professeur, il est régulièrement invité dans les conservatoires ou les conventions de la Flûte pour animer des Master Class.
Compositeur, il a écrit la musique de tous ses albums et créations. Yann compose aussi pour des orchestres (big band, harmonies..), pour de la musique à l’image (Mini-série, documentaire, émissions TV) et pour des spectacles de danse. Il remporte le LINDOR du meilleur compositeur en 2018.
Musicien de scène, il dégage une énergie impressionnante sur le carré magique depuis plus de 20 ans aux côtés de Charlelie Couture, Emmanuel Bex, Booster, Jazz Liberatorz ou encore Chlorine Free.
Il incarne YANN SOLO sur son dernier album paru en 2023, un personnage Afropunk délivrant une musique Electropicale inventive et énergique. Radio Nova parle de lui comme d’un nouveau Tricky punk. Le 2e opus est prévu pour février 2026.
Yewhe Yeton
Yewhe Yeton est un artiste musicien, rappeur, chanteur et compositeur béninois. Petit-fils de musicien et fabricant d’instruments de musique traditionnelle, fils d’auteur et chanteur traditionnel, il est passionné par l’histoire et le patrimoine musical du Bénin, et engagé dans des projets de recherche et de sauvegarde (*). En 2004, il découvre le rap et fonde le groupe DiFLEX qui remporte les prix du meilleur album rap et meilleur flow au R&RAwards avec leur premier album, puis intègre le collectif BIM (Bénin International Musical). Il entame une carrière solo en 2024 avec deux opus et un album en préparation intitulé « LOKO ». Sa musique explore les rythmes traditionnels, les chants et mélodies inspirés par les rives du fleuve Ouémé et les couvents vodoun, et fusionne avec les musiques urbaines comme le hip-hop, le rock et le blues. Avec sa plume militante, Yewhe Yeton écrit principalement en langue Fongbe et use de proverbes, allégories et métaphores pour peindre les réalités sociales et dénoncer les tares du monde actuel. Yewhe Yeton a été finaliste du prix Découverte RFI avec son titre Veeve.
(*) L’artiste nourrit l’ambition de contribuer à la sauvegarde et la valorisation du patrimoine immatériel et surtout musical Béninois. Il initie et ou participe à des projet de recherche, de création et de valorisation, dont plusieurs résidences de recherche et de création ; des projets de sauvegarde et de valorisation des rythmes endogènes béninois notamment le projet de Recherche-Création ‘’Mède Mi Wà», projet lauréat 2023 AAP Camargo/EHESS à la fondation CAMARGO ; Le projet de valorisation des créations musicales axées sur le patrimoine musical endogène et la promotion des artistes émergents dénommés OZO LIVE PERFORMANCE et le projet de formation et d’initiation aux disciplines artistiques destiné aux jeunes public L’ART CLASSE.
Il fonde son label de production ATCHE BINON PRODUCTION et investit dans la production de spectacle, de concerts et de tournées, dont la tournée africaine en 2022 du collectif Bénin International Musical (BIM) ; l’album et les tournées du trio OKAN, les concerts de VI-phint et les spectacles LOKO et OZO.
Intense, profond, libre et lumineux, Yewhe Yeton est un artiste solaire, un météore qui traverse l’horizon de la musique actuelle. Capter un peu de son énergie lors d’un concert, c’est être projeté parmi les étoiles, entre émotion, excitation, plénitude et sérénité : il offre à qui veut l’écouter un puissant concentré de vie. (Afrik.com)
Crédit photo : Christophe Isselee
Stéphane Galland
Journaliste et DJ, producteur radio et podcast, passeur de paroles, de sons et de sens autour de l’espace culturel caribéen.
Stéphane Galland a eu l’occasion d’animer plusieurs événements de de l’association Mamanthé, notamment les rencontres avec Maryse Condé lors de ses venues à Marseille, en 2017 aux Arcenaulx, et en 2026 à la bibliothèque l’Alcazar, mais aussi des échanges avec les artistes invités du festival Kadans Caraïbe.
